deblateration

des mots sur les maux
Contes Textes

L’amour en miettes

Elle avait besoin d’amour, Moinette.
Elle disait :

– « J’ai besoin d’amour »

On lui répondait, partout autour d’elle :

– « Patience »
« La vie est une farandole ».

Son cœur brûlait de s’ouvrir, il frappait, frappait. Elle ne savait pas où chercher.
Moinette avait soif. Son envie l’enflammait. Elle voulait déplacer des lunes, chanter aux étoiles.
Alors, elle prit son sac, ses envies et ses désirs, et partit à la recherche du doux aimé.
Elle frappait à toutes les portes pour offrir son cœur mais on lui disait :

– « C’est trop risqué mademoiselle, vous en demandez trop. »

Pourtant elle ne voyait pas les choses à moitié. Son cœur était à prendre à sang pour sang.
Pas de demi-maux.

A travers toutes ses portes closes, Moinette vibrait d’espoir d’une entrouverte. Elle cherchait un acrobate prêt à s’envoler avec elle. Mais la vie n’est pas un cirque pour tout le monde.

Au fil du temps, Moinette s’aigrit. Elle entoura son cœur d’une protection. Son idéal grimpait dans son âme. Dans la réalité, Moinette se perdait dans son escalade.

– « La vie ne tient qu’à un fil » lui disaient les anciens.

– « L’amour aussi » répondait Moinette.

Un jour, elle fit la connaissance de ce qu’elle pensait être un équilibriste. Elle prit le risque de s’ouvrir en espérant ne pas être seule sur le fil. Elle escalada les marches, et se rendit compte que le dit compagnon ne suivait pas : il était à la traîne. Tant pis. Elle avait confiance en son équilibre, après tant d’années suspendu. En pleine ascension, elle se rendit compte que son cœur était trop fragile. Qu’il était trop léger pour rester bien en place. Il suffit d’une minuscule remise en question, d’un infime balancement et son cœur bondit. Une chute effrénée où il se perdit en mille morceaux. Moinette tremblait en voyant son cœur se dissoudre dans l’atmosphère. Et c’est alors, qu’au loin en bas, elle vit une main se tendre, prête à recoller les morceaux. C’était son jongleur, plus à l’aise les pieds sur terre.

A son tour, Moinette pourra dire que dans les cimes, le bonheur se perd, qu’il est plus heureux de le rattraper sur la terre.

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