Haïkus

Cambrure en châtain
Fracture du cœur ce matin
Âme et draps défaits.

Dangereuse amie
Flatteuse présente et mi-rage
Qui s’aime et détruit.

Chante souffre-douleur
Cœur de pierre pluie de cailloux
Armure ton sourire.

Mille graines de parfums
Ses narines frémissent en vain
D’odeurs assaillies.

L’oreille aux aguets
Ne mâche pas les mots, avale
Pour toujours secrets.

Une meute étoilée
Lune pleine elle hurle, passionnée
Dévore les pensées.

Gâteau chatoyant
Empli de rires et de larmes
Mesure-le à temps

La Lune en extase
A des étoiles plein les yeux
Croissant à demi nuit.

Interdite, figée
La femelle voit les entrailles
Du nouveau tué-né.

Âme cœur de cactus
Piqûres de patience à vif
Soif de toi, motus.

Il frôle la nageoire
Ondule et charme sa proie
Puis noie le poisson.

Le beau fait la ronde
Préfère être vu qu’aimé
Parure colorée.

Drapé de candeur
D’or sulfureux dévêtu
Pudeur disparue.

Vertige abyssal
Délices en noire profondeur
La magie léthale.

Vite j’ai mal docteur
Obsession en tête à claque
Partout saigne le cœur.

Le regard perçant
L’aigle me vole mon butin
Tous deux morts de faim.

Bavard insolent
Raciste misogyne hautain
Viser juste et pan.

Bisou eskimeau
Dans l’igloo, feu fascinant
Et peau contre peau.

Coup de fougue
Les brides se lâchent, au galop
Joues en feu, libres.

Déhanché fruité
Balade à dos d’ananas
Tropiques endiablés.

Ténébreux venin
Tes pensées virent rouge chagrin
Bois ton verre de vin.

Ce lac de velours
Au fond des yeux, je me noie
Des sirènes, autour.

Les mots sucrés roulent
Sur ta langue, un goût doux-amer
Salive sirupeuse.

Lassos enlacés
Réparties et dénouement
Les sots sont lassés.

Ciel bleu et moutons
Passionnelle danse d’hirondelles
Calme silence d’été.

Douleurs à donner
Assurent un corps endiablé
Garanties à vie.

La bouche aux abois
L’esprit tout en gourmandise
Praline câline.

Douce toile de pensées
Agitées, elles s’entre-mêlent
Soie piège d’araignée.

Flamme vacillante
Sème tes pensées mon amour
Embrase le monde.

Les lèvres gourmandes
Le jus de cerise coule au coin
Doux moment d’août.

Plaidons coupables
Quand il n’y aura plus d’été
Futile innocence.

Le temps est chargé
D’amertume au goût salé
Chagrin scandaleux.

Satané satin
Les idées muent en agaille
Les draps s’en souviennent.

Endimanchées, celles
Qui se croient bien-pensantes, et
La veille, déculottées.

Le pétale l’appelle
Bourdonnement envoûtant
Et la vie se crée.

Au bout de la ligne,
Le poisson-chat ronronne
Pêché, mon mignon.

L’herbe pousse haute
Effrontée dit le nuage
Ni branche ni racine.

Senteur animale
Un coup de feu qui résonne
Safari sanglant.

Dentelle dent de lion
Repue, la tigresse se lèche
Le soleil rougit.

Je me fais la malle
Futur tyrannique, adieu
Valises sous les yeux.

Combats de crabes
Coquillages et volupté
Le drame se fendille.

Regarder ton dos
L’instant suave a viré
Adieu mon ami.

Venue mandarine
Sereins, les moines se promènent
Silence tropical.

La pieuvre rêve
Ses bras redessinent le monde
A l’encre noire.

Lancé de dés-boire
Souris à la chance d’hier
Futur édenté.

Poudre de couleur
Le papillon en silence
Déploie son bonheur.

Tandem en dentelle
La nuit se veut soie d’orage
Corps à corps cruel.

Douleur pirate
Odeur du jasmin d’été
Le trésor s’enfouit.

Un violon fou
Dégrafe l’air du silence
En mai chante la pluie.

Prise de becs, au loin
Bâillement,
Au pied du lit, une plume.